Le chemin

La foi, l’espérance et l’amour

1 Corinthiens 13 :13

On peut croire que la vérité de l’être humain, c’est l’amour, le pardon, la paix.

On peut croire aussi, par une étrange perversion du message, que la vérité de l’être humain, c’est la violence, l’égoïsme, la corruption.

On peut être consterné par le souvenir tronqué qui a été gardé de la célèbre phrase de Paul dans sa lettre aux Romains : « le péché est entré dans l’homme par la faute d’un seul homme« . C’est ce que beaucoup répètent depuis des siècles, en oubliant que Paul corrige aussitôt ce masochisme en disant : « Finalement, la faute d’un seul a eu pour résultat de condamner tous les êtres humains. De même, l’action juste d’un seul a pour résultat de rendre justes tous les êtres humains, et par là, ils ont la vie.« 

En patois protestant, on appelle cela la justification par la grâce.

Mais Paul indique également quels sont les piliers sur lesquels chacun doit s’appuyer : « maintenant trois choses sont toujours là : la foi, l’espérance, l’amour; mais la plus grande des trois, c’est l’amour« . (1Cor 13 :13)

1/ la foi

Paul Tillich disait du mot « Foi » qu’aucun autre terme ne souffrait d’autant d’incompréhensions, de déformations, de définitions contestables. Et au fond c’est vrai, qu’est-ce que la foi ?

Le chemin

La raison d’être du blog que vous êtes en train de feuilleter est « Une foi solide et simple ». Mais, dans un cadre chrétien libéral, une foi solide n’indique pas une foi immuable, toujours égale à elle-même. La foi n’a rien de statique, ni de figé. La foi est toujours en mouvement, elle remue, elle secoue, elle fait bouger.

Voilà pourquoi je préfère parler de chemin. Ce qu’on appelle « Foi », ce peut être un chemin ! Juste cela, un chemin.

Et ce n’est pas un chemin qu’on parcourt pour se rendre en un lieu connu et répertorié, reconnu universellement : on se trouve sur ce chemin parce qu’on s’y sent bien, parce qu’on sent qu’on y a sa place et qu’on y est à sa place.

La foi peut être vue comme un chemin, un chemin spirituel. Spirituel sans rituel.

L’état

Il est vrai que, chez certains, la foi est au contraire un état. La foi ainsi perçue est installée, fixée, sûre d’elle !

Il en est qui croient de cette façon, juste en adhérant à des « vérités » que l’on connait bien, avec lesquelles on a toujours été en familiarité, des vérités qui font du bien, qui rendent plus heureux. Et pourquoi pas ?

On est donc « croyant en chemin », ou « croyant installé », ou … pas croyant du tout ! Qu’est-ce qui vaut mieux ? Mieux pour soi ? Mieux pour les autres ?

En réalité, nous le savons bien, cela n’a aucune espèce d’importance. Que j’y croie ou pas, et quel que soit le nom que je lui donne, Dieu est là, à côté de moi. Je suis un membre de l’espèce humaine et Dieu m’accompagne, dans mes moments actifs, quand je chemine, comme dans mes moments de pause, d’hésitation.

Et alors, il s’agit simplement – mais est-ce si simple ? – de mettre en pratique non pas les remontrances fondamentalistes, mais une foi solide et simple : aime Dieu et ton prochain !

3 réflexions sur “Le chemin”

  1. Oui , je suis bien d’accord avec ce qui a été dit plus haut ! mais comme dit , ce n’est pas si simple: l’image du chemin me convient , en route il y a des rencontres , une auberge, un arbre et son ombre , un détour, faut revenir sur ses pas et recommencer , des fois seul , des fois en compagnie, des fois on est fatigué, des fois tout content …et dans tout « ça » , aime ton Dieu et ton prochain et là le mystère commence !

  2. Je comprends bien ce que tu veux dire Gilles, mais comme le dit Christelle, ce n’est pas facile. Qu’est-ce qui nous dira si en agissant ou n’agissant pas de telle ou telle façon nous sommes sur le chemin d’aimer notre prochain? Certes, les « remontrances culpabilisatrices » ne servent à rien, sinon à humilier des personnes qui se sentent déjà suffisamment contrites de voir qu’elles ne font pas le bien qu’elles voudraient, comme le dit Paul! Pourtant, ne convient-il pas de nous rappeler de temps en temps que « si tout est permis, tout n’est pas utile »! J’aime assez la façon qu’a Alain Houziaux de formuler l « les commandements »: 3tu aimeras ton prochain, je te le promets…car je suis le Dieu des choses impossibles » (Je ne cite que très approximativement mais c’est l’idée.

    • C’est vrai, j’ai déjà entendu Alain Houziaux dire que « tu aimeras ton prochain » est une promesse autant ou même plus qu’un commandement. Je suis parfaitement de cet avis : il me semble que le Dieu auquel nous croyons nous dit « je te promets qu’un jour tu seras celui que je veux que tu deviennes. Alors ne t’inquiète pas, ma promesse s’accomplira ». Ça me semble plus conforme à l’esprit de Jésus de Nazareth que le mot commandement.

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