Ce Dieu qui est en moi …

Il est un être au fond de moi, positif, allant de l’avant, rationnel …

Il me dit d’être patient

Il me dit d’être patient : « sois patient et persévère, mon aimé, mon homme, ma création, sois patient si tu veux me connaître … »
Il me dit qu’être sauvé, c’est découvrir que quelqu’un vous aime …
Il me dit que les temps changent et que l’idée que l’on a de Dieu doit changer aussi.
Il me dit que chacun a un talent qu’il doit faire fructifier.

Il me crée chaque jour

En réalité, moi-même, je n’existe pas, je suis fait des cinq cents ou mille personnes que j’ai rencontrées dans ma vie ; si j’en avais rencontré mille autres, je ne serais pas le même homme.

D’ailleurs, plutôt que « mille personnes », je devrais dire « mille rencontres ». Ces rencontres peuvent être des personnes, oui, mais aussi des livres, des films, des événements, des phrases saisies ici ou là. Des rencontres. Oui, je suis fait de mille rencontres, furtives ou éclatantes.

Et si je rencontre aujourd’hui une personne qui me marque profondément, je sais qu’ensuite je ne serai pas le même qu’avant de la rencontrer. Donc je suis créé et recréé chaque jour un peu plus.

Cet être qui est en moi

Avec cette idée d’un Dieu résidant au plus profond de moi, toute théologie apparait sous un jour complètement différent. On pourrait même dire qu’elle s’éclaire. Soudain.

Ce Dieu qui est en moi pardonne mes erreurs, inlassablement.
Ce Dieu qui est en moi est avec moi lorsque je tombe ; il ne peut rien y changer mais il est là.
Ce Dieu qui est en moi me propose sans cesse de faire le bien, de devenir meilleur, plus juste, sans jamais s’impatienter.
Comme un père ou une mère qui voit grandir son enfant et essaie de le pousser vers le bien.

« Si je peux dire que Dieu est ce centre, ce point fixe à l’intérieur de moi, cette force en moi qui me pousse à faire le bien, la meilleure partie de moi-même, finalement, là oui, je veux bien croire en ce Dieu-là. »

(texte extrait du livre « Noëlle et la maison de Pierre » ; Éditions La Barre Franche)

5 réflexions sur “Ce Dieu qui est en moi …”

  1. Oui ! C’est ce que je crois aussi. Mais c’est alors que mon ami athée me dit : pourquoi parler de « cet être qui est en moi », n’est-ce pas tout simplement… »moi » , que notre morale laïque nous a appris à appeler notre « conscience »? Vous vous souvenez peut-être avoir appris ce fameux texte de Victor Hugo où précisément, Caïn, ayant voulu fuir le regard de « Jehova », est poursuivi par « l’oeil » de sa « conscience ». Mais nous pouvons avoir une vision plus large de la conscience et ne pas voir uniquement celle-ci comme un tribunal.

    • C’est vrai, on pourrait dire simplement « moi ». L’ennui est que que ce « moi » est plusieurs. La psychanalyse parle, je crois, du « ça », du « moi » et du « surmoi », on pourrait trouver d’autres façons d’exprimer ce fait qui interroge. Mais j’ai remarqué que cette façon de voir un « Dieu intérieur » est parfaitement cohérente avec tout ce qu’on peut dire à propos de Dieu, la justice, la colère, le pardon inconditionnel, la présence dans les moments difficiles. Le Coran exprime cela d’une façon poétique : « Dieu est plus proche de toi que ta veine jugulaire ».

      • L’ennui est que ta première phrase employait le mot « moi » dans son sens courant , et que maintenant tu nous amènes Freud! Bon, je ne veux pas polémiquer! Il est certain que le mot « Dieu » étant sur-utilisé , et pour des causes diverses, on peut comprendre qu’il soit rejeté par de nombreuses personnes aujourd’hui. Mais des mots tels que « esprit » , « âme » sont également problématiques. Pourtant ce dernier mot est revendiqué avec un sens intéressant par quelqu’un qui se veut athée comme Philippe Lazar et qui, me semble-t-il te rejoint sur quelques points. Mais pour tourner autour de la question voici un logion (le 29) de l’évangile de Thomas:(« Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence par le corps, c’est une merveille de merveille. Et moi, je m’émerveille de ceci : comment cette richesse s’est-elle mise dans cette pauvreté ? » (Ev.de Thomas log 29) Produit de l’évolution dans l’ordre des primates, plus précisément les hominidés?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*